lundi 18 juin 2018

Ils sont repartis...

Pendant une dizaine de mois, nous avons partagé notre maison ainsi que notre table familiale avec deux jeunes étudiants Canadiens. La maison a raisonné de leurs échanges anglophones au 2ème étage, la machine à laver a tourné plus que de coutume et je me suis souvent creusé la tête le soir pour trouver une  idée de repas susceptible de convenir à tout le monde. Au fil des mois, on s'est apprivoisé, on a appris à reconnaître nos habitudes, nos goûts, notre manière de faire. Alors qu'on s'inquiétait de la température en hiver dans les chambres sous le toit, nos deux jeunes nous rappelaient avec gentillesse qu'ils étaient Canadiens et qu'on ne devait pas s'inquiéter. Pas étonnant qu'on les imagine vivre dans des iglous ! A l'heure qu'il est, ils ont quitté la Suisse et traverseront bientôt l'Océan. La machine à laver tournera moins souvent, ils ne pousseront plus la porte de l'atelier en jetant un enjoué "bonjour" après l'école et on ne les entendra plus dévaler l'escalier grinçant pour aller prendre leur train le matin... Snif et resnif !

lundi 28 mai 2018

Lessive au soleil

Chez nous, certains appareils se sont donné le mot pour tomber en panne. Deux d'entre eux sont particulièrement sollicités en ce moment : la machine à laver, et le séchoir lorsqu'il pleut. Imaginez notre maisonnée à 6 personnes, dont trois étudiants qui rentrent de camping,  une fille fraîchement rentrée de voyage, + le quotidien familial. Et tout ce petit monde revient bien entendu avec un joli baluchon de linge sale. C'est justement là que l'indispensable lave-linge se met à trembler, puis à pécloter sérieusement. Le réparateur appelé à la rescousse a pu constater l'âge très avancé de l'engin. Pourvu qu'il tienne encore quelques semaines, le temps d'avoir des pensées très émues pour nos grand-mères qui lavaient leur linge à la fontaine, et de feuilleter le catalogue décrivant l'appareil le plus économico-écologique. Et pour ce qui est du séchoir, tombé également en panne au même moment, arg, eh bien je compte ardemment sur le soleil et les éclaircies. Et ça marche assez bien entre deux orages....Que mes chères voisines ne s'étonnent pas si elles me voient débarquer avec une corbeille de linge....

lundi 23 avril 2018

Journée mondiale du livre

En cette journée mondiale du livre, j'ai envie de parler d'un premier désamour des livres pendant mes jeunes années. A cette époque, je partageais ma chambre avec une soeur passionnée de lecture.  Combien de nuits ne l'ai-je suppliée d'éteindre cette satanée lumière pour que je puisse enfin dormir. A mes jérémiades elle répondait, inlassablement : je finis juste ma page. Que les caractères devaient être petits et illisibles pour qu'une page soit si longue à déchiffrer, me disais-je.... Dans mon lit, je pestais, maudissant les livres qui intéressaient tant ma soeur alors que moi, je voulais juste éteindre la lumière et m'endormir. Et puis, soudain, par curiosité ou par esprit de vengeance, je me suis mise à lire aussi, le soir de préférence. Et maintenant encore je souris en m'entendant répondre à celui qui me demande gentiment d'éteindre la lumière : "je finis juste ma page".

mercredi 17 janvier 2018

La réalisation du recueil de recettes

Il a bien fallu plusieurs mois pour réaliser ce joli recueil. Les enfants, même les plus jeunes, étaient invités à participer à l'aventure en réalisant une illustration de la recette d'une pâtisserie. Quelques élèves adultes se sont également pris au jeu de l'illustration. Ils ont pu choisir les ingrédients de la recette à illustrer. Bon, parfois, les oranges sont devenues des pommes, et les noisettes si joliment dessinées auront servi à un gâteau au chocolat. Une image a bien failli se retrouver à l'envers dans le livre, et je ne parle pas de l'écriture des recettes qui s'est révélée plus ardue que prévue. En effet, pas question de suggérer les quantités ou de laisser planer un flou artistique sur le temps de cuisson. Laborieux, mais toutes les recettes ont été testées avec succès. A la réalisation ainsi qu'à la dégustation. En fait, beaucoup d'anecdotes savoureuses ont jalonné ce projet de longue haleine. Ce qui est sûr, c'est que je garderai un très beau souvenir de cette réalisation collective. De plus, je suis persuadée qu'un peu de douceur avec des produits aussi naturels que possible, sans colorant ni agent conservateur ne peut pas vraiment faire de mal, mais ça, ça n'engage que moi.

jeudi 19 octobre 2017

Un poème par coeur

A l'école secondaire, l'un de nos profs avait eu à coeur de nous faire découvrir Victor Hugo et nous faire apprendre certains de ses plus beaux poèmes. Je ne le remercierai jamais assez. Extrait des Contemplations, "Demain dès l'aube.." résonne en moi comme une récitation intérieure indispensable. Récemment, je l'ai recopié mot à mot, en relevant bien la ponctuation, avant de l'illustrer à l'aquarelle. C'est là que j'ai remarqué que je récitais dans ma tête le mot "Honfleur" à la place de "Harfleur". Et ce n'était pas une erreur du manuel de poésie, j'ai vérifié. Bon, dès lors, il était nécessaire de changer de lieu de pèlerinage... N'empêche que ma soeur, obligée elle aussi d'apprendre par coeur ledit poème, avoue avoir appris également la version "Honfleur". Nous en avons déduit que cela sonnait beaucoup mieux à nos oreilles, et qu'il faut bien savoir prendre quelques libertés quand l'esthétisme le requiert, hi, hi. Bon, nous ne saurons jamais ce que le grand Victor Hugo pense de nos petits écarts....

jeudi 18 mai 2017

Peindre une fraise... ou la manger ?

Avoir des élèves, c'est renouveler sans cesse le plaisir de transmettre des connaissances, ou de faire des expériences inédites. Aujourd'hui, lors du cours pour enfants, il s'agissait de demander aux jeunes élèves (6 à 9 ans) de dessiner puis peindre une fraise. Première question : est-ce qu'on pourra la manger ? Oui, après l'avoir peinte. Deuxième question : et si on se souvient comment elle est, est-ce qu'on peut la manger tout de suite ?... Oh, elle a une forme de coeur. Je peux peindre un coeur et je lui rajoute les feuilles ? Bon, l'élève n'a pas rajouté les feuilles car ça n'allait pas bien sur le coeur...  Finalement, tous les enfants ont attendu d'avoir terminé de peindre pour manger leur modèle. Là, une jeune élève me dit : tu as vu, je l'ai dessinée comme si quelqu'un avait mordu dedans. Je pense que la jeune élève était très pressée de dévorer cette fraise...

mardi 21 février 2017

Le grand vide

La fin de l'année 2016 n'a pas épargné de grands dessinateurs, comme Burki et Mix & Remix, mais il y a un décès dont j'ai encore plus de peine à me remettre. Ma mère aussi dessinait bien, pas dans les journaux et la presse, mais dans nos livres de souvenirs. J'étais si fière, enfant,  de montrer les magnifiques roses qu'elle avait dessinées plus vraies que nature, avec sa touche de sensibilité traduite dans des nuances de carmin. En ce début d'année 2017, elle avait encore de beaux projets, et tenait à les partager avec ses  filles et ses petits-enfants. Elle nous avait même suggéré de noter quelques dates dans nos agendas, et nous a fait promettre de ne venir que si on en avait le temps. Elle s'en est allée avant la date du premier rendez-vous, bien trop tôt à mon goût, car j'avais aussi des projets pour elle. Maintenant que le temps a atténué les écorchures, j'ai relu certains textes écrits d'une main tremblante, où déjà se profilait devant elle, en guise de date, celle d'un prochain départ. Celui dont on ne revient pas, et qui met l'entourage dans un cruel face à face avec la mort et le néant. Avec l'absence aussi, et le vide. Le vertige, je le connaissait déjà, et là, je découvre le vide.  Hier, j'ai lu cette phrase si belle : le chagrin de la mort d'une maman est le premier qu'on ne peut pas partager avec elle. Et même si je ne partageais pas toujours mes inquiétudes et mes tristesses avec elle, je sens comme un déchirement en songeant aux instants de joie que je vivrai sans pouvoir lui en parler. Ou alors je lui en parlerai quand même....