jeudi 16 février 2012
Encre noire pour maison orange
Les derniers événements expliquent largement ma désertion passagère du blog. M'y revoici, avec quelques éclaircissements. Fin décembre 2011, j'ai découvert le noir et son cortège d'allusions macabres. Je m'étais inscrite plusieurs semaines auparavant à un cours de gravure, à Neuchâtel. Je m'en réjouissais mais n'étais pas certaine de pouvoir y participer au vu de la santé très défaillante de mon père. Je me suis dit qu'on verrait bien, et qu'il serait toujours temps d'annuler. Je m'y suis rendue le premier jour, l'âme en peine car notre brave chienne ne réussissait plus à se lever, du haut de ses 13 ans. Néanmoins, j'ai réussi à plonger mon esprit dans la technique de la gravure, exigeante et passionnante. J'ai choisi de réaliser une gravure de notre maison. La pointe sèche s'est promenée sur le cuivre, que j'ai enduit de vernis, fait prendre un bain d'acide réenduit. Les heures se sont échappées très vite. Au retour, j'apprenais que ma chienne ne s'était toujours pas levée, et qu'en plus, mon père avait dû être hospitalisé d'urgence. Guère dormi cette nuit-là et au petit matin, comme le statu de chacun était "quo", je suis retournée à mon cours de gravure. J'y ai gravé des montagnes sur une plaque de plexy. Là, j'ai découvert l'encre sépia... pour renouer avec la couleur. De retour à la maison, pleine d'espoir, j'appris que notre chienne ne survivrait pas, à moins de lui infliger un traitement de choc, destiné à rallonger sa vie de quelques mois, ou quelques semaines, souffrance garantie. Pendant la nuit, j'ai espéré un miracle, qu'elle se lève donc, qu'elle se remette à manger, sans traitement. Le miracle n'a pas eu lieu. Le matin, je suis retournée au dernier jour de stage. A la grande surprise de l'enseignante, mon sujet était décidément très noir. J'avais pourtant pris soin de ne pas saturer l'encre, d'apposer des niveaux de gris. Certains ont même vu dans cette gravure une représentation de maison de sorcière. Alors, cette sorcière, pourquoi n'a-t-elle pas agité sa baguette, ou activé son balai pour voler au secours de créatures en peine ? Ma chienne est décédée le soir même. Mon père n'a eu que quelques semaines de répit à l'hôpital, puis s'en est allé, paisiblement. Et on s'étonne que ma maison orange, gravée, ressemble à une maison en deuil...
jeudi 22 décembre 2011
Les quarts d'heure d'émerveillement
Après les moments d'indignation, la magie de décembre et de la période de l'Avent m'a gratifiée de quelques instants privilégiés que je me dois de partager. C'était un jour de tempête, une jeune femme a poussé la porte de l'atelier, autant à la recherche d'un abri que d'une découverte. Gracile et délicate, elle était à la recherche d'un cadeau "rare" pour un membre de sa famille plutôt fortuné et peut-être un peu blasé. Portée par je ne sais quel élan, elle s'est laissée aller à quelques confidences, dans une langue si belle que je me suis demandé d'où elle sortait. Elle a finalement trouvé l'objet qui s'approchait le plus de ce qu'elle recherchait, et elle s'en est allée, sourire aux lèvres. Je me suis dit que ce jour-là, ce qu'il y avait de plus "rare" dans mon atelier, c'était cette jeune personne en quête de l'objet rare.
jeudi 1 décembre 2011
Quelques petites indignations d'artiste
Alors que je m'approchais de la St-Jakob Kirche, pour y écouter le requiem de Mozart chanté, entre autres, par ma soeur, je les aperçus, sous la pluie et sous leurs tentes, les indignés du beau pays. Sûr qu'ils ont des tas de bonnes raisons d'être là, et si ce n'est pas pour eux, eh bien, c'est par solidarité avec tous les déshérités, les maltraités, les incompris, etc. Cela m'a plongée dans une grande réflexion, de laquelle est ressortie que mes indignations persos, je les cueille surtout dans ma p'tite vie d'artiste, car c'est sans doute là que se nichent les cordes les plus sensibles. Dernier exemple en date : ce marché où l'on insiste pour que je vienne, et où je me retrouve finalement avec quelques autres artisans punis dans une petite pièce que seuls les visiteurs les plus curieux, voire les plus courageux, découvriront. Arg !! Ensuite, il y a cette différence de traitement faite selon l'endroit où vous exposez. Vous êtes toujours le même artiste, n'avez pas changé de style mais savez pertinemment que si vous exposez dans un certain lieu, vous n'aurez pas droit aux mêmes égards que si vous accrochez vos toiles ailleurs. Les années passent et je ne sais toujours pas comment fixer un prix sur une aquarelle, alors, quand je réalise que certaines oeuvres sont jaugées selon leur prix et non selon l'émotion qu'elles procurent, je me dis que là aussi, il y a encore du boulot. En y réfléchissant, je constate qu'il y a largement de quoi s'indigner lorsque l'on essaie de vivre de son art et de sa p'tite boutique, car le tout s'avère aussi aléatoire que bancal. Les années d'expérience nous font découvrir des réalités plutôt crues, des évidences auxquelles on aimerait échapper, et je me demande si ce n'est justement pas pour cela que le besoin de créer est si grand, si intact, malgré les déconvenues, malgré les promesses non tenues. Au prochain article, je vous parlerai des petits émerveillements et des bonnes surprises, et là, vous comprendrez pourquoi je ne me résouds pas à laisser mes pinceaux se reposer....
samedi 5 novembre 2011
Encore à Rossinière
Après Cressier, Rossinière est le village où je passe le plus de temps, surtout ces temps-ci. Pas très étonnant puisque mes parents y vivent, et je trouve leur choix très judicieux. Notez que le peintre Balthus n'a pas résisté non plus au charme de cette petite bourgade, entourée de montagnes, boisée par les nombreux chalets, dont celui de mes parents. De plus, ce village invite à la découverte. Récemment, il suffisait de pénétrer les granges anciennes pour se retrouver face à des oeuvres d'art contemporain, époustouflantes de grandeur, impressionnantes par le sujet qu'elles traitent : la montagne. Quand on arrive à Rossinière, on a déjà pris un peu d'altitude, et l'ascension continue au fur et à mesure des découvertes faites aux 4 coins du village. Tout l'été, en allant rendre visite à mes parents bien atteints dans leur santé, je sentais la nécessité d'aller voir cette exposition. J'y suis parvenue, juste avant son terme. D'autres visiteurs de dernière heure se pressaient pour découvrir ces interprétations très personnelles de la montagne. Ce jour-là, j'ai vu dans ces panoramas enneigés un gouffre de solitude, et l'angoisse de la mort au détour d'une crevasse. La montagne, je la préfère en peinture plutôt que sous mes pieds, je l'avoue. Mais j'ai trouvé cette exposition fascinante, parfois même à couper le souffle et ce n'était pas dû à un manque d'oxygène. Bon, la prochaine fois, je vous parlerai d'une expo qui est encore d'actualité......
mercredi 20 juillet 2011
Chronique de la boutique et pensées de l'atelier: Visite au musée Tomi Ungerer
Chronique de la boutique et pensées de l'atelier: Visite au musée Tomi Ungerer: "Il y a plus de 10 ans, je lisais l'histoire des 3 brigands de Tomi Ungerer à mes chers enfants, qui écoutaient cette histoire très attentive..."
Visite au musée Tomi Ungerer
Il y a plus de 10 ans, je lisais l'histoire des 3 brigands de Tomi Ungerer à mes chers enfants, qui écoutaient cette histoire très attentivement. Je ne savais pas grand chose de l'auteur-illustrateur à ce moment-là, mais cette histoire m'avait fait une forte impression, autant par son graphisme puissant que par le message qu'elle contenait. Il y a quelques mois, une de mes amies m'annonçait qu'elle était allée visiter le musée Tomi Ungerer à Strassbourg. Comme on a fait de cette ville notre destination de vacances cette année, autant dire que je me suis bien remémoré tout cela, et ai même mis au point un plan "musée" l'espace d'une journée. Alors que ma petite famille partait se faire de grosses frayeurs dans un parc d'attraction non loin de là, j'ai opté pour l'émotion contemplative en choisissant de me rendre seule et en bus dans la ville de Strassbourg. Première victoire : j'ai trouvé le musée. Avec mon légendaire sens de l'orientation, eh bien, c'est presque un exploit. Notez que je trouve plus facilement les musées que les entreprises de nettoyage.... Dès l'entrée, les illustrations tout en force et en contraste accueillent le visiteur. Les premières oeuvres en disent long sur la force imaginative du bonhomme Tomi, orphelin dès l'âge de 5 ans et traversant l'océan très tôt pour se frotter aux tendances graphiques new yorkaises. Armé de ces crayons, il s'oppose à la guerre du Vietnam et dénonce les formes du racisme. Artiste engagé ? Certainement, mais artiste aux facettes multiples. Les films autobiographiques qui passent en boucle au musée tentent de cerner la personnalité d'Ungerer. Pas facile, mais passionnant. Son engagement face à l'art est total, il passe plusieurs heures par jour à esquisser, à dessiner, à griffonner. Il prend des notes continuellement. Il dessine comme il respire, son trait est sûr. C'est subjuguant. Je ressors du musée émerveillée, bien empreinte de l'oeuvre de Tomi, et lorsque je repasse devant la réceptionniste du musée, je l'entends dire à un visiteur pressé que la visite ne prendra pas plus d'une heure. Je viens d'en passer deux avec Tomi Ungerer et son oeuvre, et je ne les ai pas vues passer.
vendredi 1 juillet 2011
Première semaine de vacances
Pour certains, c'est les vacances par ici. Pour moi, il s'agit d'encadrer encore une vingtaine d'aquarelles avant de partir les accrocher dans un Home de la ville voisine. Il est un peu tard pour se demander si le choix de la date du vernissage était judicieux, sachant que beaucoup de gens seront en vacances, Heureusement, la date était imposée, moi, j'ai tant de peine à choisir. D'abord, on avait parlé du mois de février, et c'était trop tôt. Puis une autre expo est venue se greffer au programme de mai, alors, le début du mois de juillet, finalement, c'est un bon moment pour exposer. Après tout, n'a-t-on pas plus de temps en été ? A condition de ne pas tomber dans le piège du remplissage. Voilà pourquoi j'évite d'énumérer ce que je ferai pendant ces 4 semaines de pause estivale, histoire de ne pas alourdir un temps que je souhaite léger, et qui passerait sans prétention et sans faire de poussière (je n'suis d'ailleurs pas du tout décidée à la prendre.....la poussière!). Alors, pour tous ceux qui ont envie d'ouvrir grands leurs yeux sur une expo, prendre le temps de boire l'apéro avec une artiste du coin ou visiter un home en prévision de leurs vieux jours, voici le programme.
Bienvenue. A disposition pour toute info complémentaire.
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