jeudi 24 avril 2014
samedi 29 mars 2014
changement de majorité
Voici déjà plusieurs semaines que nos filles vadrouillent en Amérique latine. Quand elles m'ont annoncé leur départ, je me suis dit que la maison serait bien vide. Quelques jours plus tard, je recevais un coup de fil de mon neveu-filleul qui devait effectuer un stage dans la région et devait donc trouver à se loger. La vie est parfois bien faite, surtout quand on a l'impression que tout arrive à point nommé, son stage a lieu à une bonne période car quelques mois plus tôt, il aurait été impossible d'accueillir encore quelqu'un dans le p'tit pigeonnier du haut. De plus, notre fils est ravi d'avoir la compagnie de son cher cousin plutôt que de devoir supporter tout seul la présence de ses parents..... (mais non, on ne se formalise pas !) . Du coup, j'ai passé d'une majorité féminine à une minorité..... pas silencieuse pour autant, je vous rassure. Cet échange très peu standard réserve quelques surprises. Tout d'abord, on a beau être moins, les repas sont plus conséquents. Par contre, la corvée de lessive a drastiquement diminué.... eh oui, souvenez-vous, je vis avec 3 hommes. Et aucun d'entre eux ne porte des chemises, c'est fantastique. Mais même si la corvée lessive-repassage s'est allégée, je me réjouis de retrouver mes chères filles. Et je sais que dès qu'elles seront de retour, les corvées lessives redeviendront légères, malgré leur abondance..
vendredi 14 mars 2014
Leçon d'aquarelle ou de goûter ?
Je me devais depuis longtemps d'insérer une nouvelle page sur mon site qui présenterait les cours que je donne à l'atelier. J'ai donc écrit un texte court, traçant dans les grandes lignes le déroulement, prix, horaire des cours. Pour les adultes, j'ai même précisé qu'on faisait une petite pause café afin de laisser sécher les aquarelles et prendre un peu de recul. Une fois la page terminée, j'ai réalisé que je n'avais pas parlé du goûter des enfants. Il faut dire que ce goûter fait partie si intégrante du cours qu'il n'est pas nécessaire d'en parler, je ne risque pas de l'oublier. Lisez plutôt : dans l'un des cours pour enfants que je propose, deux élèves un peu plus âgés sortent de l'école plus tard et arrivent donc une demi-heure après les autres. Une table de goûter est réservée afin que chacun puisse grignoter quelque chose après l'école. Un jour, un élève, plein de compassion, m'a dit qu'il trouvait vraiment dommage que les deux enfants qui arrivent plus tard doivent prendre les 4 heures seuls alors que les autres ont déjà terminé. Emue par cet élan de générosité, j'ai directement proposé au groupe de commencer à peindre avant de prendre le goûter. Ils étaient tout à fait d'accord et motivés. Mais ce jour-là, il faut bien dire qu'ils avaient déjà tous pris leur goûter. La semaine suivante, je leur ai rappelé ce qui avait été décidé, c'est-à-dire d'attendre une demi-heure avant de se jeter gloutonnement sur les petits pains maison ou autres muffins. Résultat : émeute générale, grève annoncée, (et pas de la faim), refus de créer le ventre vide, etc. .Je me suis demandé si mes chers petits élèves avaient réagi de cette manière si c'était l'heure de peindre qui avait été retardée.... De quoi se poser quelques questions non ? Bon, au moins j'ai pu constater que les goûters étaient appréciés, ça me donne même quelques idées pour la suite du programme.....
vendredi 17 janvier 2014
Drôle de question
Récemment, j'arpentais les rues de ma ville préférée en compagnie de mes chères filles à la veille de leur prochain départ. Et là, je croise un peintre de ma connaissance, bien plus âgé que moi. Il s'arrête net, me salue chaleureusement, jette un rapide regard à mes deux filles, et me lance au travers d'un large sourire : "Comment vont les affaires" ?
J'en suis restée totalement estomaquée.
Que la question vienne de ma banquière surprise par l'état parfois alarmant de mon compte en banque, d'un spécialiste en marketing ou d'un jeune artiste en devenir qui s'inquiète du côté matériel de la profession, j'aurais pu le concevoir, et j'aurais même eu grand plaisir à répondre que, étonnamment, en ce moment, les affaires sont plutôt satisfaisantes. Mais qu'un échange entre deux peintres puisse se résumer à cette question-là...... trop triste! Pourquoi ne m'a-t-il pas demandé si je peignais beaucoup en ce moment, si l'inspiration était au rendez-vous, si ma technique évoluait, si j'avais de nouveaux projets, etc ?. Non, il a juste voulu savoir comment les affaires allaient.
Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'occulter le côté matériel de mon activité, il y a un atelier à faire tourner et une famille à épauler du mieux que je peux, y compris financièrement. Mais ce sont là des questions purement matérielles, que j'ai suffisamment l'occasion d'aborder sans devoir m'y mettre avec d'autres artistes. Car l'essentiel est ailleurs, et même si les affaires ne marchaient pas du tout, l'important serait d'avoir toujours cette envie de créer, tenace et envahissante, ce feu sacré qui m'a fait traverser bien des tempêtes. Et si en plus le résultat de toutes ces émotions pouvait aboutir sur des créations qui trouvent preneur, c'est encore mieux, je ne dirai pas le contraire. Alors, je lui ai répondu un timide "oui, la peinture va bien". Et il s'en est allé de son pas alerte et un peu pressé.... de faire des affaires peut-être ?
J'en suis restée totalement estomaquée.
Que la question vienne de ma banquière surprise par l'état parfois alarmant de mon compte en banque, d'un spécialiste en marketing ou d'un jeune artiste en devenir qui s'inquiète du côté matériel de la profession, j'aurais pu le concevoir, et j'aurais même eu grand plaisir à répondre que, étonnamment, en ce moment, les affaires sont plutôt satisfaisantes. Mais qu'un échange entre deux peintres puisse se résumer à cette question-là...... trop triste! Pourquoi ne m'a-t-il pas demandé si je peignais beaucoup en ce moment, si l'inspiration était au rendez-vous, si ma technique évoluait, si j'avais de nouveaux projets, etc ?. Non, il a juste voulu savoir comment les affaires allaient.
Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'occulter le côté matériel de mon activité, il y a un atelier à faire tourner et une famille à épauler du mieux que je peux, y compris financièrement. Mais ce sont là des questions purement matérielles, que j'ai suffisamment l'occasion d'aborder sans devoir m'y mettre avec d'autres artistes. Car l'essentiel est ailleurs, et même si les affaires ne marchaient pas du tout, l'important serait d'avoir toujours cette envie de créer, tenace et envahissante, ce feu sacré qui m'a fait traverser bien des tempêtes. Et si en plus le résultat de toutes ces émotions pouvait aboutir sur des créations qui trouvent preneur, c'est encore mieux, je ne dirai pas le contraire. Alors, je lui ai répondu un timide "oui, la peinture va bien". Et il s'en est allé de son pas alerte et un peu pressé.... de faire des affaires peut-être ?
lundi 23 décembre 2013
La dernière porte du calendrier
Ah, le calendrier de l'Avent, c'est tout un symbole. D'abord, il y a la porte, que l'on ouvre chaque jour en espérant une bonne surprise. Celle qui porte le no 1 nous fait entrer dans ce temps suspendu d'avant Noël, mais tout au long de l'année, chaque journée qui débute est une porte qui s'ouvre sur l'inconnu. C'est la vie qui se déroule, avec les gonds fixes pour la nuit, et la poignée à agripper pour le jour. Chaque année, à la même période, je ressens ce calendrier en quelque sorte comme un résumé de tout ce qui a pu être vécu au long de l'an écoulé. Et 2013 aura été une de ces années que je ne suis pas près d'oublier. C'est une année qui a tenu ses promesses, en surprises et en émotions. Tout au long de l'année, je me suis sentie accompagnée par la petite fée qui a vu le jour sous mon pinceau. Elle s'est tenue discrètement derrière la porte, jusqu'à ce que je la laisse apparaître au grand jour.
Et pour la petite histoire.... cette illustration fait partie des quelques "refusés" de mon dernier livre. Perdue dans mon imaginaire, je m'étais quelque peu éloignée du sujet. Et si cette image n'a pas obtenu sa place dans l'ouvrage, elle l'a gagnée dans mon esprit. J'espère avoir toujours envie d'ouvrir des portes et d'être animée par la joie de la découverte. Et que la porte no 24 s'ouvre sur un Noël que je vous souhaite à tous joyeux, suivi d'une année 2014 pleine de surprises cachées derrière des portes de toutes les couleurs....
Et pour la petite histoire.... cette illustration fait partie des quelques "refusés" de mon dernier livre. Perdue dans mon imaginaire, je m'étais quelque peu éloignée du sujet. Et si cette image n'a pas obtenu sa place dans l'ouvrage, elle l'a gagnée dans mon esprit. J'espère avoir toujours envie d'ouvrir des portes et d'être animée par la joie de la découverte. Et que la porte no 24 s'ouvre sur un Noël que je vous souhaite à tous joyeux, suivi d'une année 2014 pleine de surprises cachées derrière des portes de toutes les couleurs....
vendredi 6 décembre 2013
Visite d'expo émouvante
Chaque fois que je suis allée voir les illustrations exposées de l'histoire de la Fée de la vigne avec quelqu'un, je les ai regardées différemment. Certains visiteurs m'ont raconté l'histoire qu'ils imaginaient sans avoir lu le livre. Ce n'était même pas très loin de la réalité et c'était toujours teinté de gaîté. Mais ce soir, j'y suis allée avec ma mère. Une visite que j'appréhendais un peu. Quel regard portera-t-elle sur ces illustrations qui lui rappelleront un temps qui n'est plus ? Reconnaîtra-t-elle son mari sous les traits de ce grand-père si attentionné à l'égard de son petit-fils ? Quelles images d'un passé douloureux referont-elles surface ? Dans l'histoire, il avait bien fallu une catastrophe naturelle pour envoyer ce solide
grand-père à l'hôpital. Ma mère a scruté toutes les images, relevant une certaine ressemblance, sans broncher. Moi qui pensais avoir réussi à faire le deuil de ce cher père en écrivant cette histoire, je n'en étais plus tout à fait sûre ce soir. C'est comme si le poids de l'absence pouvait encore venir me terrasser, que la page que je pensais tournée pouvait virevolter. Comme si l'infinie tristesse de ma mère suffisait à raviver la mienne. On en a jamais fini de regretter l'absence.....
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