mardi 25 janvier 2022

Sobre paysage d'hiver

 


Le soleil pointait le bout de son nez et réchauffait un peu l'atmosphère glaciale de ces derniers jours. Equipée de mon siège pliant et de mon sac à peinture, j'ai traversé une petite forêt en quête d'une vue inspirante. Bien installée, mains gantées, rien ne semblait pouvoir m'empêcher de m'adonner à ma passion de l'aquarelle en plein air. Et pourtant.... l'eau que j'utilise pour diluer mes couleurs gelait dès qu'elle entrait en contact avec la peinture. Ok pour les effets spéciaux, mais impossible d'utiliser l'aquarelle dans ces conditions. J'ai pensé à cet aquarelliste qui emportait une bouteille de vodka lors de ses sorties hivernales, afin d'empêcher l'eau de geler sur la palette. Bon j'avais bien une bouteille de non-filtré dans la voiture, mais elle était destinée à un apéritif, alors je n'allais tout de même pas la gaspiller sur le papier... j'ai donc terminé cette aquarelle le lendemain, dans la chaleur de mon atelier, la tête pleine de souvenirs.



lundi 6 septembre 2021

Les petits ruisseaux font les grands déluges


 Je l'ai peint plusieurs fois, ce Ruhaut. Fascinée par cette eau qui jaillit en cascade sur la roche, je me suis installée en face, souvent au printemps ou au début de l'automne, pour l'esquisser avant de l'interpréter en couleur. 

Jamais je n'aurais imaginé que ce filet d'eau tremblotant puisse faire autant de dégâts, en dévastant les chemins qui mènent au village, entraînant dans son sillage des quantités de gravats, arrachant buissons et branches. 

Je crois que je préfère désormais poser mon regard sur de l'eau stagnante, apprivoisée, encerclée, interdite de débordements. Bref de l'eau canalisée, maîtrisée. Rassurante et apaisante. Comme cette étendue d'eau qui stagne entre la Vieille Thielle et le canal, chamboulant le paysage et cassant la routine. 



lundi 8 mars 2021

Pensée du 8 mars

 


Assise sous cette tente de fortune, cette petite fille n'est ni dans un camping, ni en vacances. Comme tant d'autres, elle a été déplacée dans ce campement de fortune à Lesbos, exilée. Le destin de cette enfant n'est sans doute plus entre les mains de ses parents et ses souvenirs seront à jamais marqués par l'abandon et la lutte pour la survie au quotidien dans le camp de la Moria. Elle a  déjà perdu le droit d'être une enfant, et cela m'attriste profondément. J'ai découpé la coupure de presse, sorti mes pinceaux, et passé un peu de temps avec elle, en songeant à ce que pouvait être sa vie au quotidien. Je sens un vent de révolte sourdre....Quel est donc ce monde où des enfants sont ainsi victimes de la détresse et de la violence des adultes? A quoi ressemblera leur vie ? Dans ces destins dramatiques, la résilience n'est pas un vain mot. Aujourd'hui, c'est la journée des femmes, et il reste encore tant à faire, pour que les fillettes ne soient plus en danger, pour que les femmes ne soient plus humiliées et maltraitées à travers le monde. C'était ma pensée du 8 mars...

dimanche 6 décembre 2020

Retour à la période "Maison Forestière"


 J'ai écrit cette histoire il y a presque 20 ans. Je ne l'aurais pas écrite ailleurs, elle est intimement liée au lieu et aux sentiments qui m'habitaient en cette période. A l'époque, je ne connaissais et n'utilisais pas le mot confinement, pourtant, mon quotidien y ressemblait furieusement. En effet, nous avions atterri un peu par hasard dans cette maison, éloignée de tout, avec notre petite fille àgée d'un an. Mon mari partait le matin au travail, avec notre unique véhicule. Les premiers mois, je les ai passés à arpenter la forêt environnante et à découvrir les plus proches habitations ou cafés accessibles facilement. En fait, il n'y en avait guère à moins d'une heure de marche. Heureusement que nous avions des voisins, installés dans la deuxième bâtisse, et parents d'un petit garçon du même âge que notre fillette. Un an plus tard, nous avons opté pour l'achat inévitable d'un deuxième véhicule. Ma fibre écologiste a dû s'y résoudre, aucun moyen de transport ne venant jusque chez nous. Mille fois, j'ai eu envie de retourner dans notre dernier pays d'accueil : la Hollande, où nous vivions dans un quartier très animé et très passant, où parfois je renonçais à allait ouvrir quand on sonnait à la porte, histoire d'avoir un peu de tranquillité aussi. A la maison forestière, nous n'étions sur le passage de personne, il fallait vouloir venir, s'enfoncer dans la forêt, braver les chiens, apercevoir la maison. Et petit à petit, je m'y suis habituée, deux autres enfants sont nés, donnant beaucoup de sens à cette vie proche de la nature. J'ai fini par chérir cet endroit au plus profond de moi, goûtant à cette tranquillité, peignant chaque fois que c'était possible, quitte à me lever très tôt ou me coucher très tard. Le souvenir de ces années passées dans cette maison verte est gravé à jamais,  comme des moments très intenses et très riches de ma vie, malgré les difficultés des débuts. Me replonger dans ces souvenirs grâce à la réédition de cet ouvrage, aura été une très belle expérience en cette année 2020 si particulière. Celle-là aussi restera gravée....

mardi 28 juillet 2020

L'inaccessible auberge....

Il nous restait un tiers du chemin à effectuer. Prenant mon courage à deux mains et ignorant tant bien que mal mon vertige lancinant, je gravissais escaliers et sentiers avec une furieuse envie de m'approcher de la mythique cabane. Et là, sans crier gare, la semelle de ma chaussure âgée d'une petite vingtaine d'années s'est décollée de tout son long. La traîtresse. Je fus en proie à un grand dilemne : continuer malgré tout en clopinant, ou alors, renoncer en invoquant le coup du sort et l'acharnement des éléments extérieurs. Je choisis la 2ème option. Quelques jours après mon retour, un peu frustrée de ne pas avoir pu découvrir, à l'angle d'un rocher, l'incroyable construction, je me suis consolée en l'aquarellant tranquillement depuis mon atelier, avec un léger vertige pictural....

dimanche 19 juillet 2020

Matinée au bord de la Thielle

L'été s'installe, mes cours d'aquarelle s'espacent et je cultive le plaisir de peindre à l'extérieur. La météo m'y invite. Ce matin-là, je longe le canal, sur mon vélo, mes affaires de peinture confinées dans mon sac à dos. Je cherche à m'échapper du vert omniprésent en ce début de mois de juillet. Et là, je repère cette tache rose dans l'écrin de verdure, éclairée par les rayons du soleil. Elle se reflète dans les eaux du canal. Deux arbres l'encadrent, et l'un deux me protège de l'intense luminosité. Cela ressemble à une invitation à m'asseoir sur ce banc qui fait face à ce paysage envoûtant. Je m'installe et me mets à peindre rapidement, alternant couleur et humidification du papier. Il ne doit pas sécher trop vite, alors je ne lui laisse aucun répit. Il s'agit de capter cette atmosphère matinale et la traduire au travers de mes couleurs. C'est ma manière de savourer l'été....