vendredi 14 mars 2014
Leçon d'aquarelle ou de goûter ?
Je me devais depuis longtemps d'insérer une nouvelle page sur mon site qui présenterait les cours que je donne à l'atelier. J'ai donc écrit un texte court, traçant dans les grandes lignes le déroulement, prix, horaire des cours. Pour les adultes, j'ai même précisé qu'on faisait une petite pause café afin de laisser sécher les aquarelles et prendre un peu de recul. Une fois la page terminée, j'ai réalisé que je n'avais pas parlé du goûter des enfants. Il faut dire que ce goûter fait partie si intégrante du cours qu'il n'est pas nécessaire d'en parler, je ne risque pas de l'oublier. Lisez plutôt : dans l'un des cours pour enfants que je propose, deux élèves un peu plus âgés sortent de l'école plus tard et arrivent donc une demi-heure après les autres. Une table de goûter est réservée afin que chacun puisse grignoter quelque chose après l'école. Un jour, un élève, plein de compassion, m'a dit qu'il trouvait vraiment dommage que les deux enfants qui arrivent plus tard doivent prendre les 4 heures seuls alors que les autres ont déjà terminé. Emue par cet élan de générosité, j'ai directement proposé au groupe de commencer à peindre avant de prendre le goûter. Ils étaient tout à fait d'accord et motivés. Mais ce jour-là, il faut bien dire qu'ils avaient déjà tous pris leur goûter. La semaine suivante, je leur ai rappelé ce qui avait été décidé, c'est-à-dire d'attendre une demi-heure avant de se jeter gloutonnement sur les petits pains maison ou autres muffins. Résultat : émeute générale, grève annoncée, (et pas de la faim), refus de créer le ventre vide, etc. .Je me suis demandé si mes chers petits élèves avaient réagi de cette manière si c'était l'heure de peindre qui avait été retardée.... De quoi se poser quelques questions non ? Bon, au moins j'ai pu constater que les goûters étaient appréciés, ça me donne même quelques idées pour la suite du programme.....
vendredi 17 janvier 2014
Drôle de question
Récemment, j'arpentais les rues de ma ville préférée en compagnie de mes chères filles à la veille de leur prochain départ. Et là, je croise un peintre de ma connaissance, bien plus âgé que moi. Il s'arrête net, me salue chaleureusement, jette un rapide regard à mes deux filles, et me lance au travers d'un large sourire : "Comment vont les affaires" ?
J'en suis restée totalement estomaquée.
Que la question vienne de ma banquière surprise par l'état parfois alarmant de mon compte en banque, d'un spécialiste en marketing ou d'un jeune artiste en devenir qui s'inquiète du côté matériel de la profession, j'aurais pu le concevoir, et j'aurais même eu grand plaisir à répondre que, étonnamment, en ce moment, les affaires sont plutôt satisfaisantes. Mais qu'un échange entre deux peintres puisse se résumer à cette question-là...... trop triste! Pourquoi ne m'a-t-il pas demandé si je peignais beaucoup en ce moment, si l'inspiration était au rendez-vous, si ma technique évoluait, si j'avais de nouveaux projets, etc ?. Non, il a juste voulu savoir comment les affaires allaient.
Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'occulter le côté matériel de mon activité, il y a un atelier à faire tourner et une famille à épauler du mieux que je peux, y compris financièrement. Mais ce sont là des questions purement matérielles, que j'ai suffisamment l'occasion d'aborder sans devoir m'y mettre avec d'autres artistes. Car l'essentiel est ailleurs, et même si les affaires ne marchaient pas du tout, l'important serait d'avoir toujours cette envie de créer, tenace et envahissante, ce feu sacré qui m'a fait traverser bien des tempêtes. Et si en plus le résultat de toutes ces émotions pouvait aboutir sur des créations qui trouvent preneur, c'est encore mieux, je ne dirai pas le contraire. Alors, je lui ai répondu un timide "oui, la peinture va bien". Et il s'en est allé de son pas alerte et un peu pressé.... de faire des affaires peut-être ?
J'en suis restée totalement estomaquée.
Que la question vienne de ma banquière surprise par l'état parfois alarmant de mon compte en banque, d'un spécialiste en marketing ou d'un jeune artiste en devenir qui s'inquiète du côté matériel de la profession, j'aurais pu le concevoir, et j'aurais même eu grand plaisir à répondre que, étonnamment, en ce moment, les affaires sont plutôt satisfaisantes. Mais qu'un échange entre deux peintres puisse se résumer à cette question-là...... trop triste! Pourquoi ne m'a-t-il pas demandé si je peignais beaucoup en ce moment, si l'inspiration était au rendez-vous, si ma technique évoluait, si j'avais de nouveaux projets, etc ?. Non, il a juste voulu savoir comment les affaires allaient.
Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'occulter le côté matériel de mon activité, il y a un atelier à faire tourner et une famille à épauler du mieux que je peux, y compris financièrement. Mais ce sont là des questions purement matérielles, que j'ai suffisamment l'occasion d'aborder sans devoir m'y mettre avec d'autres artistes. Car l'essentiel est ailleurs, et même si les affaires ne marchaient pas du tout, l'important serait d'avoir toujours cette envie de créer, tenace et envahissante, ce feu sacré qui m'a fait traverser bien des tempêtes. Et si en plus le résultat de toutes ces émotions pouvait aboutir sur des créations qui trouvent preneur, c'est encore mieux, je ne dirai pas le contraire. Alors, je lui ai répondu un timide "oui, la peinture va bien". Et il s'en est allé de son pas alerte et un peu pressé.... de faire des affaires peut-être ?
lundi 23 décembre 2013
La dernière porte du calendrier
Ah, le calendrier de l'Avent, c'est tout un symbole. D'abord, il y a la porte, que l'on ouvre chaque jour en espérant une bonne surprise. Celle qui porte le no 1 nous fait entrer dans ce temps suspendu d'avant Noël, mais tout au long de l'année, chaque journée qui débute est une porte qui s'ouvre sur l'inconnu. C'est la vie qui se déroule, avec les gonds fixes pour la nuit, et la poignée à agripper pour le jour. Chaque année, à la même période, je ressens ce calendrier en quelque sorte comme un résumé de tout ce qui a pu être vécu au long de l'an écoulé. Et 2013 aura été une de ces années que je ne suis pas près d'oublier. C'est une année qui a tenu ses promesses, en surprises et en émotions. Tout au long de l'année, je me suis sentie accompagnée par la petite fée qui a vu le jour sous mon pinceau. Elle s'est tenue discrètement derrière la porte, jusqu'à ce que je la laisse apparaître au grand jour.
Et pour la petite histoire.... cette illustration fait partie des quelques "refusés" de mon dernier livre. Perdue dans mon imaginaire, je m'étais quelque peu éloignée du sujet. Et si cette image n'a pas obtenu sa place dans l'ouvrage, elle l'a gagnée dans mon esprit. J'espère avoir toujours envie d'ouvrir des portes et d'être animée par la joie de la découverte. Et que la porte no 24 s'ouvre sur un Noël que je vous souhaite à tous joyeux, suivi d'une année 2014 pleine de surprises cachées derrière des portes de toutes les couleurs....
Et pour la petite histoire.... cette illustration fait partie des quelques "refusés" de mon dernier livre. Perdue dans mon imaginaire, je m'étais quelque peu éloignée du sujet. Et si cette image n'a pas obtenu sa place dans l'ouvrage, elle l'a gagnée dans mon esprit. J'espère avoir toujours envie d'ouvrir des portes et d'être animée par la joie de la découverte. Et que la porte no 24 s'ouvre sur un Noël que je vous souhaite à tous joyeux, suivi d'une année 2014 pleine de surprises cachées derrière des portes de toutes les couleurs....
vendredi 6 décembre 2013
Visite d'expo émouvante
Chaque fois que je suis allée voir les illustrations exposées de l'histoire de la Fée de la vigne avec quelqu'un, je les ai regardées différemment. Certains visiteurs m'ont raconté l'histoire qu'ils imaginaient sans avoir lu le livre. Ce n'était même pas très loin de la réalité et c'était toujours teinté de gaîté. Mais ce soir, j'y suis allée avec ma mère. Une visite que j'appréhendais un peu. Quel regard portera-t-elle sur ces illustrations qui lui rappelleront un temps qui n'est plus ? Reconnaîtra-t-elle son mari sous les traits de ce grand-père si attentionné à l'égard de son petit-fils ? Quelles images d'un passé douloureux referont-elles surface ? Dans l'histoire, il avait bien fallu une catastrophe naturelle pour envoyer ce solide
grand-père à l'hôpital. Ma mère a scruté toutes les images, relevant une certaine ressemblance, sans broncher. Moi qui pensais avoir réussi à faire le deuil de ce cher père en écrivant cette histoire, je n'en étais plus tout à fait sûre ce soir. C'est comme si le poids de l'absence pouvait encore venir me terrasser, que la page que je pensais tournée pouvait virevolter. Comme si l'infinie tristesse de ma mère suffisait à raviver la mienne. On en a jamais fini de regretter l'absence.....
dimanche 29 septembre 2013
Une bien belle période
Voilà plusieurs semaines que ça dure. Un sentiment de sérénité, une énergie fulgurante dans tout ce que j'entreprends, et tout cela sans la moindre amphétamine, juste un peu de caféine et de breuvage villageois. Mes enfants ont l'air en pleine forme et très satisfaits de leur sort, et de grands projets les font rêver à haute voix. Mon cher mari s'éclate en apiculture, et n'a pas de gros souci au travail. Mon entourage amical, familial et artistique semble également bien se porter, laissant déteindre des ondes positives.
Le projet pour lequel je travaille depuis plus d'une année - un livre sur la vigne expliquée aux enfants - est en cours d'impression, je n'ai donc plus rien à y ajouter et l'attente du résultat peut commencer. Je peux même peindre à ma guise les sujets de mon choix avant de me lancer dans le prochain projet. Les couleurs automnales sont d'ailleurs une invitation à l'évasion picturale.
C'est une bien agréable période.
Bien sûr, je vois pointer quelques gros nuages, puisque mes chères filles ont envie de découvrir le monde - ce que je les encourage bien à faire - et cela pendant plusieurs mois. Et je sais bien que rien n'est jamais acquis dans le sentiment de la béatitude, tout peut basculer d'un jour à l'autre.
C'est justement ce qui rend ce sentiment si précieux, si unique. Voilà pourquoi, en ce dimanche matin automnal, j'avais envie de le partager.
vendredi 13 septembre 2013
Je l'ai fait pour la dernière fois
Je les ai laissées à la maison. Les notes dansent devant mes yeux, rendues encore plus floues par l'émotion qui perle jusqu'au bout de mes cils. J'essaie de deviner s'il faut plutôt monter, plutôt descendre. Heureusement, ces chants, j'en connais la mélodie. Par contre, les paroles en anglais, je les aurai esquintées à outrance, un vrai crime de lèse-majesté. Quoique l'anglais de la reine s'est tout de même bien modernisé.
Mes lunettes, je les ai mises petit à petit, à la maison. Tout d'abord, elles restaient au rez-de-chaussée, et pas question de les laisser franchir le seuil de la chambre à coucher. Maintenant, elles ont droit de cité à tous les étages, mais elles n'ont pas encore franchi le seuil vers la sortie. Voilà pourquoi, ce soir encore, les notes de musique dansent devant mes yeux. Je ne le referai plus, je ne laisserai plus une partition se jouer de ma vue défaillante. Je les prendrai avec moi. C'était la dernière fois que je déchiffrais des notes sans porter de lunettes. Mais le plus triste, c'est que c'était la dernière fois que je déchiffrais les notes sous la direction de notre chère Frédérique, et là, je crains qu'aucune paire de lunettes ne réussisse à me faire ressentir la musique de cette manière...
Mes lunettes, je les ai mises petit à petit, à la maison. Tout d'abord, elles restaient au rez-de-chaussée, et pas question de les laisser franchir le seuil de la chambre à coucher. Maintenant, elles ont droit de cité à tous les étages, mais elles n'ont pas encore franchi le seuil vers la sortie. Voilà pourquoi, ce soir encore, les notes de musique dansent devant mes yeux. Je ne le referai plus, je ne laisserai plus une partition se jouer de ma vue défaillante. Je les prendrai avec moi. C'était la dernière fois que je déchiffrais des notes sans porter de lunettes. Mais le plus triste, c'est que c'était la dernière fois que je déchiffrais les notes sous la direction de notre chère Frédérique, et là, je crains qu'aucune paire de lunettes ne réussisse à me faire ressentir la musique de cette manière...
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