vendredi 10 juin 2011

Quand les fraises ne se laissent pas rouler...

Deux matins par semaine, dans mon atelier-café, je propose une pâtisserie originale (oui, y en a pas deux mêmes) et une sorte de pain. Comme c'est la saison des fraises, je me suis documentée afin de varier mes créations et suis tombée sur la recette d'un roulé à la confiture de fraises. J'ai commencé par faire la confiture de fraises fraîchement cueillie, (une valeur sûre et maîtrisée), puis je me suis attaquée à la génoise dans le dessein de la rouler vite fait au sortir du four. La vilaine, elle n'a pas voulu se laisser faire, et s'est craquelée de tous les côtés. Comme j'avais déjà annoncé ce dessert sur mon tableau noir, plus question de revenir en arrière. J'ai donc savamment maquillé les craquelures avec du sucre glace, et placé le roulé camouflé derrière le bar. Après tout, coupée en tranches, la roulade aurait meilleure allure. Mais voilà, le coiffeur matinal est venu boire son café au bar comme d'habitude et n'a pu s'empêcher de dévisager ma pâtisserie du jour. Il en avait l'air perplexe, d'autant plus qu'il s'y connaît en boulangerie... Mais ce que j'ai préféré dans l'histoire, c'est sa remarque hilarante : "eh bien, on dirait que vous vous êtes battue avec cette roulade" . Au moins, ça nous a beaucoup fait rire, et en plus, les courageux dégustateurs l'ont trouvée bonne et n'ont rien dit sur son aspect ravagé. Que de politesse !! Bon, je vous raconterai la prochaine bataille dans le prochain message...

vendredi 27 mai 2011

A chaque situation, son proverbe

Récemment, j'ai eu l'immense plaisir d'illustrer quelques proverbes triés sur le volet,  issus du monde entier. Avec un collègue artiste peintre colombien et brillant, on en a fait un album que je feuillette avec une certaine fierté. Et surtout, la visualisation des pages du livre me rappelle de bonnes anecdotes. En voici une : le livre était en cours de réalisation, et j'étais sur le point d'ouvrir un café-pâtisserie dans mon atelier. Les demandes d'autorisations m'avaient bien occupée, et  le livre n'avait pas le bon nombre de pages. Il y avait donc deux possibilités : soit on enlevait chacun deux illustrations.... snif, on ne pouvait s'y résoudre, soit on en créait chacun deux nouvelles. Bien sûr, on a opté pour la deuxième solution. Et devinez ce que j'ai choisi, en espérant bien sûr que ce proverbe là ne soit pas de mauvaise augure pour la naissance de mon café-pâtisserie : "Farine fraîche et pain chaud font la ruine de la maison". Donc, je compte sur vous pour m'aider à prouver que ce proverbe ne s'applique pas à toutes les maisons exhalant de temps à autre une bonne odeur de pain chaud....

vendredi 13 mai 2011

Chronique de la boutique et pensées de l'atelier: Boutique ouverte à tout

Chronique de la boutique et pensées de l'atelier: Boutique ouverte à tout: "J'avais donc annoncé l'ouverture de ma boutique en précisant que les mercredis et samedis matins, il y aurait des pâtisseries (pour accompag..."

Boutique ouverte à tout

J'avais donc annoncé l'ouverture de ma boutique en précisant que les mercredis et samedis matins, il y aurait des pâtisseries (pour accompagner le café). Partant de là, je n'imaginais pas que l'on puisse débarquer un matin sans pâtisserie et commander du café. Eh bien, récemment, 6 personnes sont entrées, d'un pas décidé, dans "Aquarelle à la carte" pour y boire un café. La machine n'avait même pas été mise à chauffer, et il n'y avait pas d'eau dans le réservoir. Quelques minutes plus tard arrive quelqu'un qui avait besoin d'être renseignée sur les cours que je donnais d'autres matins, suivi d'une dame qui avait besoin de cartes de voeux dont les modèles n'étaient plus disponibles.... Bon, des matins comme ça, il risque d'y en avoir encore, mais maintenant, dès que je positionne le panneau sur ouvert, je fais chauffer la machine à café et me souviens que je suis dans l'atelier-boutique-café ouvert au public et que tout peut arriver.... Mais bienvenue quand même !!

mercredi 27 avril 2011

Visite de la Collection d'Art Brut

Cela fait longtemps que j'espérais aller la voir, cette collection. Et ce lundi, comme le fiston devait être conduit à Lausanne, j'ai établi le programme "musée". Même que c'est le même fiston qui me l'a suggéré, certain d'y échapper... Le bâtiment qui abrite cette fameuse collection dégage le charme des vieilles pierres, et la terrasse est très accueillante. On franchit le seuil et on change de monde. Les salles sont sombres, les oeuvres tantôt très colorées, tantôt d'une noirceur inquiétante. Mais elles ne sont jamais banales. Elles sont présentées en séries, histoire de bien se rendre compte d'un côté répétitif, voir obsessionnel dans les sujets. Au début de chaque série, on peut lire sur un panneau une courte biographie de l'auteur des oeuvres. La plupart du temps, on retrouve des parcours de vie très accidentés, marqués par l'abandon, la maladie ou la guerre. Parfois même, on devine la tragédie, qui a guidé la main, l'esprit, jusqu'au pinceau puis sur le papier. Et enfin, devant nous, ces peintures fascinantes. Mon regard s'est perdu dans les méandres de jardins imaginaires, dans les rythmes endiablés de compositions ambitieuses, ou encore dans le regard triste d'un enfant seul dans un jardin. Ces créateurs-là n'ont aucune prétention artistique, certains ont même découvert la peinture en même temps que le besoin d'extérioriser quelque chose. Peindre les a peut-être sauvés de la folie, ou enfermés dans un monde inaccessible. Je l'ignore. Le pas peut être franchi si vite si tout se met à basculer dans la vie, la frontière entre la raison et la folie devient si ténue. J'ai souvent imaginé que cela pourrait m'arriver, de perdre pied, de déconnecter pour mieux m'enfermer dans un monde de couleurs. Après tout, personne n'est totalement à l'abri de la  folie.Mais ce jour-là, si vous venez me rendre visite en milieu psychiatrique, par pitié ne m'apportez ni chocolat ni chaussettes. Juste de la couleur et du papier pour la laisser exploser.....

mercredi 20 avril 2011

Peintresse de la cour du château

Cet après-midi, il faisait très beau, et comme j'avais une commande de tableau à honorer, je suis allée m'installer dans la cour du château. Une commande de rêve donc, où, connaissant le sujet, je sais déjà que je vais aimer le traiter, et en plus, je peux l'interpréter comme j'en ai envie. Bon, au final, ce serait bien que cela plaise au commanditaire sinon ....l'oeuvre viendra remplir mes cartables déjà  bombés d'aquarelles entassées à demi oubliées. Donc, je me suis installée en face d'une partie de mon sujet, le soleil l'éclairait sagement sans m'éblouir, le parc était peu fréquenté et le crayon glissait sans trop d'hésitations sur le papier lisse. La gomme est restée à la maison, avec les préoccupations, les soucis, les obligations, etc. Un pur moment de détente, à songer au travail du créateur de cette touchante sculpture. Un peu comme un dialogue entre  techniques différentes. Et puis, le soleil s'est mis à taper très fort sur ma tête et là, j'ai cessé d'être "peintresse de la cour" pour regagner au plus vite la fraîcheur de mon atelier. La première esquisse est terminée, et si elle paraît ressemblante, eh bien, je sens qu' un petit séjour à l'atelier  la métamorphosera sans doute. Cela s'appellera "touche finale".

mercredi 6 avril 2011

Un livre est né, dans l'atelier "aquarelle à la carte"

Aujourd'hui, j'ai l'impression de marcher sur des oeufs. Avant Pâques, me direz-vous, rien d'étonnant, ils sont partout. La raison est tout autre. J'ai testé mon nouvel atelier en créant, sur commande, les illustrations d'un livre de proverbes, en collaboration avec un collègue peintre. Les semaines ont passé, entraînant dans leur sillage toutes ces pages aquarellées, destinées à traduire des interprétations de proverbes du monde entier. C'est mon premier travail conséquent dans cet atelier, et je me demandais si les ondes de cette très vieille maison seraient inspirantes. Et après la création des illustrations, on est entré en phase de relecture, de chipotage, d'effaçage, de remise en question, pour aboutir au livre terminé, prêt à être mis sous presse. Voilà donc le sort qui l'attendait aujourd'hui, lui sous presse....moi sous pression. Et si on avait laissé passer une faute, inversé deux images, mélangé les traductions.... aïe aïe aïe, le nombre d'imperfections possibles, imprimées et multipliées jusqu'au millier. Allons,  positivons, peut-être qu'on a bien travaillé et qu'on ne s'est pas planté dans les relectures. Bon, comme j'étais la seule à maîtriser le français en tant que langue maternelle, j'avoue que je sens le poids des responsabilités sur mes épaules. Je n'ai pas encore vu le résultat, je sais que mes mains trembleront en le feuilletant, que je craindrai chaque nouvelle image, chaque paragraphe. Et quand enfin je l'aurai parcouru, traquant ce que j'aurais peine à découvrir, je le reposerai, espérant que les heures bénies passées à le réaliser sauront charmer les futurs lecteurs.